21 janvier 2013

II Les traitements de l'anorexie

Plus on tarde à consulter plus on ira vers un auto-renforcement du symptôme et une identification totale de la patiente à ce dernier. Dans la mesure du possible, il est important d'assurer une continuité de l'action thérapeutique par la même équipe. La guérison est rarement obtenue pour une durée de traitement inférieure à 4 ans
Pour les anorexies les plus légères, ou encore pour les formes de la maladie repérées à un stade précoce, le traitement ne nécessite pas d'hospitalisation. Il arrive toutefois que la gravité du tableau psychologique et de l'atteinte physique de la malade soit telle qu'une hospitalisation s'impose. Parfois même, la patiente devra être prise en charge de façon urgente dans un service de réanimation et alimentée par perfusion intraveineuse et sonde gastrique. Dans le cas où il y a nécessité d'hospitaliser la patiente:

1) séparation d'avec le milieu familial habituel

Son but n'est pas répressif, mais elle permet à l'anorexique d'aménager avec ses parents une relation nouvelle, non conflictuelle et de s'ouvrir à d'autres modes relationnels. La séparation a lieu lors d'une hospitalisation. Dans un premier temps, la patiente ne reçoit ni visite, ni correspondance, ni permission. En revanche, les activités thérapeutiques sont autorisées, sauf la gymnastique.

2 Surveillance du poids:

La pesée est quotidienne et surveillée. En accord avec la patiente, deux contrats peuvent être établis: * un poids de levée d'isolement: lorsque celui ci est dépassé, les visites, le téléphone, les permissions et le courrier sont autorisées. * un poids de sortie d'hopital: lorsque celui ci est dépassée, la sortie est définitive.

3) Réalimentation:

La réalimentation est progressive et les menus sont fait en collaboration avec une diététicienne. La prise des repas est surveillée ainsi que le dépistage des vomissements post-pandriaux dissimulés. Les diurétiques, laxatifs, vomitfs etc sont arrêtés.

4) Entrevues fréquentes:

La collaboration thérapeutique avec les parents est indispensable. Les entrevues doivent permettre l'établissement d'une nouvelle relation avec leur enfant. Il faut éviter les conduites d'emprise et de manipulation de la part de la patiente auprès de l'équipe soignante. En effet, la patiente tente de recréer les mêmes liens pathologiques que ceux qu'elle entretenait avec sa famille. Il faut donc absolument garder un lien entre les différents membres de l'équipe mais aussi avec la patiente.
Souvent on propose ainsi un traitement pluridisciplinaire, consistant en une rééducation nutritionnelle, avec assistance médicale, une psychothérapie individuelle cognitive ou comportementale (parfois analytique), et une thérapie familiale si la patiente a moins de 18 ans.

 

5) Evolutions.

 30 % des cas évoluent favorablement, pour un deuxième tiers, la guérison est incomplète .Dans le dernier tiers des cas, on assiste à une aggravation des conséquences physiques et psychologiques de l'anorexie.

A la longue les conséquences du refus alimentaire sont graves car face aux diverses carences, le corps se protège en ralentissant son métabolisme ainsi que certaines fonctions vitales. La production d'hormones thyroïdiennes décroît, la tension artérielle peut s'abaisser. Les organes vitaux comme le coeur et le cerveau peuvent être détériorés.

Chez les adolescentes en pleine croissance, les carences nutritionnelles ralentissent et parfois arrêtent le développement de l'anorexique. Ces dernières sont également néfastes à long terme : ainsi le manque de calcium prédispose l'anorexique à l'âge adulte à l'apparition de l'ostéoporose. Enfin, sur le plan psychologique l'anorexique peut dans les cas les plus préoccupants, s'enliser dans la dépression. La souffrance morale est alors de plus en plus intolérable et peut mener à la toxicomanie et au suicide. D'où l'importance d'une prise en charge à la fois précoce, étroite et prolongée

Posté par ana-et-mia-tpe à 16:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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